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  • Virginie & Théo — Une séance couple au pied de la Sainte-Victoire

    Virginie & Théo — Une séance couple au pied de la Sainte-Victoire

    Début juillet, quelques jours seulement après mon arrivée dans la région d’Aix-en-Provence, j’ai réalisé ma première séance photo ici avec Virginie et Théo.

    Pour cette première séance, je cherchais un endroit qui raconte aussi un peu la Provence. C’est Nathalie qui m’a conseillé ce coin, avec la montagne Sainte-Victoire en toile de fond. Un décor naturel, suffisamment ouvert pour marcher, bouger et laisser la séance se dérouler simplement.

    Virginie et Théo marchent main dans la main en souriant, avec la Sainte-Victoire en arrière-plan.

    Une séance photo sans savoir poser

    « Je ne sais pas poser devant un appareil photo. »

    C’est probablement l’une des phrases que j’entends le plus souvent avant une séance. Et ce n’est absolument pas un problème.

    Ma façon de photographier repose justement très peu sur les poses figées. Je préfère vous donner une direction, vous faire marcher, échanger, rire ou simplement profiter du moment ensemble. J’interviens lorsque c’est nécessaire, notamment pour vous placer dans une belle lumière ou vous guider, puis je laisse de la place à ce qui se passe naturellement.

    Avec Virginie et Théo, nous avons beaucoup marché et laissé les moments se créer tout au long de la séance. Ce sont souvent les gestes entre deux photos, un regard ou une réaction spontanée qui donnent les images que je préfère.

    L’idée n’est pas de vous demander de reproduire une série de poses préparées à l’avance. Je préfère créer un cadre dans lequel vous pouvez bouger et interagir naturellement, tout en vous guidant suffisamment pour que vous n’ayez jamais à vous demander quoi faire devant l’appareil.

    Virginie et Théo se sourient, nez contre nez, pendant leur séance couple en extérieur.

    Une séance en extérieur face à la Sainte-Victoire

    Pour cette première séance couple à Aix-en-Provence, la Sainte-Victoire offrait exactement ce que je recherchais : un paysage caractéristique de la région, de l’espace et un décor suffisamment simple pour laisser toute sa place au couple.

    Elle donne un cadre aux images sans pour autant en devenir le sujet principal. Ce qui m’intéresse avant tout reste ce qui se passe entre les personnes que je photographie.

    C’est aussi pour cette raison que j’aime réaliser les séances couple en extérieur, à Aix-en-Provence et dans les alentours. On peut marcher, changer légèrement de décor, profiter de l’environnement et construire les images progressivement, sans chercher à tout prévoir à l’avance.

    Théo porte Virginie dans ses bras, au milieu des herbes et des fleurs, près de la Sainte-Victoire.

    Cette séance avait néanmoins une particularité : elle s’est déroulée en plein après-midi, au début du mois de juillet. Ce n’est pas forcément l’horaire que je conseillerais en premier pour une séance extérieure en été. La lumière était assez dure et la chaleur particulièrement pesante.

    Malgré ces conditions, nous avons pu jouer avec le lieu, les orientations et les moments où la lumière devenait plus intéressante pour réaliser plusieurs images que j’aime beaucoup.

    Et avec le recul, c’est probablement la chaleur que je retiens le plus de cette première séance dans la région. Une entrée en matière assez radicale avec l’été provençal et un souvenir que j’associe désormais à mes débuts comme photographe à Aix-en-Provence.

    Vous n’avez pas besoin de savoir poser ni même d’être particulièrement à l’aise devant un appareil photo. Mon rôle est de vous guider suffisamment au début pour que vous puissiez ensuite oublier sa présence.

    Si cette façon d’aborder la photographie vous ressemble et que vous souhaitez garder une trace de votre histoire à deux, je propose des séances couple à Aix-en-Provence et dans les alentours. Vous pouvez découvrir mon univers Moments de vie ou simplement me contacter pour imaginer votre séance ensemble.

    Quelques conseils avant une séance couple en extérieur

    01

    Quel est le meilleur moment pour une séance à la Sainte-Victoire ?

    Lorsque c’est possible, je conseille généralement de photographier tôt le matin ou en fin de journée. La lumière est plus douce et souvent plus agréable pour les portraits qu’en plein milieu de journée.

    En été, je reconnais que le réveil très matinal ne motive pas toujours tout le monde. La fin de journée et l’approche du coucher du soleil représentent donc souvent un très bon compromis.

    Ce sont néanmoins des recommandations et non des règles. Je m’adapte aussi à vos disponibilités, au lieu choisi et aux conditions du jour.

    La séance de Virginie et Théo en est un bon exemple : elle a été réalisée en plein après-midi, avec une lumière beaucoup plus dure. Cela demande simplement d’adapter davantage la façon de photographier.

    02

    Que porter pour une séance photo en extérieur ?

    Je conseille généralement des couleurs douces et faciles à associer.

    Les tons pastel comme le rose, le jaune ou le bleu fonctionnent très bien en extérieur. Personnellement, j’aime aussi beaucoup les couleurs plus naturelles comme le beige, le blanc, l’écru ou le marron. Elles s’intègrent particulièrement bien dans les paysages provençaux et donnent un rendu que j’apprécie beaucoup en photo.

    Le but n’est pas de porter exactement les mêmes couleurs, mais plutôt de choisir des vêtements qui fonctionnent bien ensemble.

    L’essentiel reste également de porter quelque chose dans lequel vous vous sentez vous-mêmes. Une tenue parfaitement assortie mais dans laquelle vous n’êtes pas à l’aise ne donnera pas forcément de meilleures images.

    03

    Peut-on prévoir une deuxième tenue ?

    Oui.

    Si vous souhaitez varier légèrement l’ambiance des images, vous pouvez tout à fait prévoir une deuxième tenue.

    Je préfère garder les séances assez souples. Rien n’est totalement figé à l’avance : on peut adapter le déroulement selon vos envies, le lieu, la lumière et la façon dont la séance évolue.

    Une deuxième tenue reste donc une possibilité, jamais une obligation.

  • Romania

    Romania

    Route de montagne en Roumanie

    Romania

    27 août au 03 septembre

    Environ 15 min de lecture · 7 vidéos

    En Roumanie, le voyage s’est construit au fil des routes, des rencontres et des chemins de montagne. Ce carnet rassemble les visages, les gestes et les moments que j’ai eu envie de garder de cette semaine, avec Nathalie.

    Mihai Bîscu, dans les mains d’un potier de Horezu

    Lire la vidéo : Mihai Bîscu — le potier
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    Mihai Bîscu, dans les mains d’un potier de Horezu
    Mihai Bîscu, dans les mains d’un potier de Horezu

    Devant le tour

    À Olari, près de Horezu, je ne suis pas venu chercher un simple souvenir de Roumanie. Je voulais rencontrer ceux qui savent encore faire, observer des gestes qui appartiennent à un territoire et comprendre un peu mieux ce qu’ils racontent de ceux qui y vivent.

    C’est ici que j’ai rencontré Mihai Bîscu, potier roumain qui travaille la terre depuis son enfance. Lorsque j’ai préparé ce voyage, c’était exactement le genre de rencontre que j’espérais provoquer : quitter un instant les paysages, les routes et les lieux connus pour m’intéresser aux personnes, à leurs métiers et aux traditions qu’elles continuent de faire vivre.

    Mihai s’installe devant son tour, place une masse d’argile au centre et commence à travailler. Je reste derrière ma caméra à observer ses mains. Progressivement, sous la pression de ses doigts, la matière monte et prend forme. Ce qui me frappe, c’est cette impression de facilité : lorsque quelqu’un répète un geste depuis des années, on finit presque par oublier tout ce qu’il a fallu apprendre pour parvenir à cette maîtrise.

    La position des mains, l’appui des doigts, la vitesse du tour : tout paraît naturel chez lui. Pour moi qui découvre ce travail, rien ne l’est. Et c’est précisément ce contraste que j’avais envie de photographier et de filmer.

    Un savoir-faire qui se transmet

    À Horezu et dans le village d’Olari, la poterie dépasse largement la fabrication d’un objet. En 2012, le savoir-faire de la céramique traditionnelle de Horezu a été inscrit par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ce n’est donc pas le village lui-même qui est inscrit, mais les connaissances et les gestes associés à cette tradition.

    L’UNESCO souligne notamment la transmission de ce savoir-faire au sein des familles et des ateliers, du maître à l’apprenti. La terre est préparée puis façonnée sur le tour avant que les pièces soient séchées, décorées et cuites. Les couleurs et les motifs font également partie de cette identité locale, dont le célèbre coq de Horezu est sans doute le symbole le plus reconnaissable.

    Mais devant Mihai, ce ne sont pas les poteries terminées qui m’intéressent le plus. Ce sont ses mains travaillant la terre, son visage, sa concentration et la précision de gestes répétés pendant des années. Avant cette rencontre, le « savoir-faire de la céramique traditionnelle de Horezu » était pour moi une information que l’on pouvait lire dans un guide ou sur le site de l’UNESCO. En le regardant travailler, cette notion devenait beaucoup plus concrète.

    C’est aussi ce que je voulais ramener de Roumanie : pas seulement des images de ce que j’ai vu, mais des traces de ceux que j’ai rencontrés.

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    Făgăraș — Quelques minutes avant le coucher du soleil

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    Foto ?

    Nous arrivons à Făgăraș après plusieurs heures de route. Une fois installés dans notre logement, je regarde par la fenêtre et aperçois, dans le champ voisin, plusieurs personnes en train de travailler. La lumière commence doucement à descendre. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils font, ni même si je vais pouvoir communiquer avec eux, mais la scène attire immédiatement mon attention.

    Je prends mon appareil et propose à Nathalie d’aller voir de plus près. Elle commence à connaître le fonctionnement : lorsqu’une scène ou un visage m’interpelle, il y a de fortes chances pour que le programme prenne quelques minutes de retard. Nous traversons donc jusqu’au champ, sans contact préalable et avec à peu près tout mon vocabulaire roumain résumé à une question : « Foto ? »

    La première réaction est plutôt réservée. Et elle se comprend parfaitement. Deux inconnus arrivent avec un appareil photo alors qu’ils sont simplement en train de travailler. Je ne veux surtout pas imposer ma présence. J’essaie donc d’expliquer avec quelques mots, beaucoup de gestes et l’écran de mon appareil ce que je souhaite faire.

    L’un des jeunes finit par accepter. Je commence à photographier à distance, puis je leur montre les premières images. Petit à petit, quelque chose change. Les regards deviennent moins méfiants, les sourires apparaissent et l’appareil perd son statut d’objet étrange entre nous.

    Quand la photographie devient un langage

    Je ne connaissais ni leur histoire, ni vraiment leur quotidien. La barrière de la langue limitait forcément ce que nous pouvions apprendre les uns des autres. Pourtant, pendant quelques minutes, elle n’a pas empêché la rencontre d’exister.

    C’est ce que j’ai préféré dans ce moment. Je n’avais rien organisé, aucun rendez-vous et aucune histoire préparée à raconter. Quelques minutes auparavant, je ne savais même pas que ces personnes existaient. Il a simplement fallu regarder par une fenêtre, avoir envie d’aller vers elles et accepter de ne pas savoir exactement ce qui allait se passer.

    Au fur et à mesure que je photographie, l’ambiance devient plus naturelle. Je ne cherche plus seulement à obtenir quelques portraits : j’essaie de conserver leurs gestes, leur environnement et ce moment de travail tel qu’il se déroule devant moi. Les images deviennent un moyen d’échanger. Je photographie, je leur montre le résultat, ils réagissent, puis je recommence. Faute de pouvoir réellement discuter, l’écran de l’appareil crée un langage commun.

    Cette rencontre m’a aussi rappelé quelque chose de simple : aller vers quelqu’un avec un appareil photo ne donne aucun droit sur son image. La photographie commence par une demande et par la possibilité que la personne refuse. Ce soir-là, leur réserve initiale a laissé place à la curiosité et à quelques sourires. C’est précisément cette évolution qui donne aujourd’hui de la valeur à ces images pour moi.

    Nous sommes repartis comme nous étions arrivés, presque par hasard. Sans longue conversation et sans connaître réellement leurs vies. Mais avec quelques photographies et le souvenir d’un moment qui n’existait sur aucun itinéraire.

    C’est peut-être aussi pour cela que je voyage avec un appareil photo : pour me donner une raison d’aller vers des personnes que je n’aurais jamais rencontrées autrement.

    Făgăraș — Quelques minutes avant le coucher du soleil
    Făgăraș — Quelques minutes avant le coucher du soleil

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    Peșteana — À la rencontre d’un berger

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    Deux cents moutons et un berger

    À Peșteana, cette rencontre n’est pas née complètement par hasard. Nous avions parlé à notre hôte de mon envie de photographier des habitants et de documenter certaines activités locales. C’est grâce à elle que nous avons pu être mis en contact avec un berger du village et approcher son troupeau.

    Nous partons donc à sa rencontre avec Nathalie. Devant nous, près de deux cents moutons et plusieurs chiens accompagnent le berger. Très vite, l’appareil photo passe au second plan. J’ai envie de comprendre ce que j’ai devant moi : son quotidien, ses animaux, la manière dont il travaille et ce que représente encore l’élevage dans cette région rurale de Roumanie.

    La communication n’est pas toujours évidente, mais elle suffit pour échanger quelques informations et laisser aussi une place à des moments beaucoup plus légers. À un moment, le berger fait mine de demander l’heure à Nathalie pour se rapprocher d’elle et obtenir une photo à ses côtés. Une petite mise en scène qui nous fait sourire et qui tranche avec l’image plus austère que j’aurais pu me faire de cette rencontre avant d’arriver.

    Je crois d’ailleurs que Nathalie se serait facilement imaginée rester là, entourée de moutons et de montagnes. Un peu moins, sans doute, lorsqu’il aurait fallu participer au travail quotidien. Mais cette photographie d’eux deux restera le souvenir d’un moment où la rencontre a dépassé le reportage que j’étais venu réaliser.

    Comprendre ce que je photographie

    Le troupeau est composé de moutons Țurcană, variété Brează, une race roumaine associée aux régions montagneuses et au pastoralisme. Mais autour des moutons, un autre élément attire rapidement mon attention : les chiens. Certains servent à conduire le troupeau, tandis que d’autres ont un rôle de protection.

    Ici, cette protection n’est pas seulement théorique. Le berger nous parle de la présence de prédateurs autour des troupeaux : les ours, les loups et les chacals. Les grands chiens qui accompagnent les moutons prennent alors une autre dimension. Parmi eux, le Ciobănesc Românesc Carpatin, ou berger roumain des Carpates, est historiquement lié à la protection des troupeaux dans les régions montagneuses du pays.

    C’est exactement le genre d’information que j’aime découvrir une fois sur place. Au départ, je vois un berger, des moutons et des chiens dans un paysage qui me donne immédiatement envie de photographier. Puis la discussion me permet de comprendre les relations entre chacun : le troupeau, les chiens qui le déplacent, ceux qui le protègent, les prédateurs présents dans les montagnes et l’homme qui doit composer avec tout cet environnement.

    Photographier devient alors autre chose que chercher une belle scène. Je commence à savoir ce que je regarde et pourquoi certains animaux restent à proximité du troupeau tandis que d’autres surveillent davantage les alentours. Les images prennent une signification qu’elles n’auraient sans doute pas eue si je m’étais contenté de m’arrêter quelques minutes au bord de la route.

    C’est aussi l’une des choses que je retiens de ce voyage en Roumanie. Certains paysages attirent immédiatement le regard, mais prendre le temps de parler avec ceux qui y travaillent permet de découvrir tout ce que la photographie seule ne peut pas raconter.

    Peșteana — À la rencontre d’un berger
    Peșteana — À la rencontre d’un berger

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    Dorin, le bûcheron de Peșteana

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    Le bruit du bois

    Nous venions d’arriver à Peșteana, un peu en avance pour récupérer notre logement. La météo était maussade et, plutôt que d’attendre, nous avons décidé de découvrir tranquillement ce petit village et de voir ce que nous pouvions trouver à faire dans les environs.

    C’est par hasard que j’aperçois un homme en train de couper des troncs d’arbre. Je continue quelques mètres avant de m’arrêter et demande à Nathalie si cela ne la dérange pas que je fasse une nouvelle halte photo et vidéo. À ce stade du voyage, elle connaît sans doute la réponse avant même que je pose la question.

    Je prends mon appareil et m’approche de lui sans savoir comment engager la conversation. Une nouvelle fois, mon vocabulaire roumain ne va pas beaucoup m’aider. Alors je fais au plus simple : « Foto ? »

    Dorin paraît d’abord surpris, peut-être même amusé de voir un inconnu s’intéresser à ce qu’il est en train de faire. Il accepte malgré tout. Je commence alors à photographier et filmer son travail, sans lui demander de changer quoi que ce soit. Ce qui était pour lui une activité parfaitement ordinaire devenait, de mon côté, une nouvelle petite scène de la vie quotidienne que j’avais envie de conserver.

    Notre voisin

    La rencontre aurait très bien pu s’arrêter là. Quelques photographies, quelques séquences vidéo, un remerciement et chacun aurait repris sa journée.

    Peu après, notre hôte nous informe que la maison est disponible. Nous récupérons notre logement et découvrons alors que l’homme que je venais de photographier était tout simplement… notre voisin.

    Son prénom est Dorin.

    C’est également par l’intermédiaire de notre hôte que nous en apprendrons un peu plus sur les personnes du village et que nous serons ensuite mis en relation avec le berger. Sans l’avoir prévu, ces différentes rencontres commencent ainsi à se relier les unes aux autres.

    Dorin reste pourtant l’une des plus simples de ce voyage. Je ne connais pas son parcours et nous n’avons pas eu de longue conversation. Je préfère donc ne pas lui inventer une histoire qu’il ne m’a jamais racontée.

    Ce que je garde de lui tient à peu de choses : un homme aperçu au bord d’une route, le bruit du bois, quelques gestes de travail, une demande faite avec un seul mot et cette découverte, un peu plus tard, que nous allions dormir juste à côté de chez lui.

    Une rencontre ordinaire, sans doute. Mais ce sont aussi ces petits hasards que je voulais laisser entrer dans ce voyage.

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    Une inconnue, un visage croisé sur la route

    Lire la vidéo : Le regard d’une inconnue
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    Un tricot, quelques gestes

    Je ne connais pas son nom. Je ne connais pas son âge non plus, et encore moins son histoire.

    Je l’ai aperçue au loin alors que je traversais le village en voiture. Assise devant son atelier, elle tricotait. Son visage, et surtout son regard, ont immédiatement attiré mon attention.

    Je me suis garé un peu plus haut dans la rue, j’ai pris mon appareil et je suis revenu vers elle.

    Nous ne parlions pas la même langue, mais quelques gestes ont suffi. Je lui ai montré ma caméra pour lui faire comprendre que j’aimerais la photographier et la filmer. Elle a compris et a accepté.

    Le regard d’une inconnue

    Je suis resté quelques instants à ses côtés. Ses mains continuaient à travailler tandis que son regard revenait régulièrement vers mon objectif.

    C’est ce que je retiens le plus d’elle : cette expression derrière ses lunettes, difficile à interpréter. Était-elle intriguée par ma présence ? Amusée ? Attentive à ce que je faisais ? Je n’en sais rien et je préfère ne pas inventer une histoire à sa place.

    Je suis reparti sans connaître son prénom et sans savoir quoi que ce soit de sa vie.

    Il ne reste que quelques images de cette rencontre très brève : un visage aperçu depuis une voiture, quelques gestes pour se comprendre et ce regard fixé dans ma mémoire.

    Une inconnue croisée quelque part en Roumanie.

    Une inconnue, un visage croisé sur la route
    Une inconnue, un visage croisé sur la route

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    La route comme partie du voyage

    Lire la vidéo : La route
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    Ce qu’il y a entre deux destinations

    Pendant une semaine en Roumanie, la voiture est devenue bien plus qu’un moyen de relier nos étapes. Elle était notre poste d’observation. Derrière le pare-brise, les paysages changeaient lentement, les villes laissaient place aux villages et les grandes routes devenaient parfois de petites voies traversant les campagnes ou les montagnes.

    Nous savions en général où nous allions dormir le soir. Pour le reste, il restait une grande place à l’imprévu. C’est sans doute ce que j’aime le plus dans cette manière de voyager : ne pas passer d’un lieu touristique à un autre en attendant la prochaine chose « à voir », mais regarder aussi tout ce qui existe entre ces destinations. Un village traversé lentement, une maison qui attire le regard, des habitants devant chez eux, une vieille Dacia, une charrette ou un paysage qui donne envie de s’arrêter quelques minutes.

    Accepter l’imprévu

    Certaines de mes images et de mes rencontres sont nées de ces moments où nous avons décidé de nous arrêter. Sur la Transfăgărășan, l’imprévu a même pris une autre dimension lorsque des ours sont apparus au bord de la route. Une rencontre que nous n’avions évidemment pas prévue, et qui rappelait que ces montagnes ne sont pas seulement de beaux paysages à traverser : elles constituent un milieu sauvage dans lequel nous ne sommes que de passage.

    J’ai longtemps associé le voyage aux destinations, à ce qu’il fallait voir, faire ou photographier. Ce séjour en Roumanie m’aura appris à regarder aussi ce qu’il y a entre elles. À accepter qu’une route puisse faire partie de l’histoire et qu’un détour laisse parfois plus de souvenirs que l’endroit où l’on voulait arriver. Un pays ne se découvre pas uniquement à travers ce qu’il a de plus spectaculaire. Il se découvre aussi en le traversant, en regardant par la fenêtre et en restant assez curieux pour avoir envie de s’arrêter.

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    Randonnées, prendre de la hauteur

    Lire la vidéo : Les randonnées
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    À pied, entre deux rencontres

    La Roumanie, je voulais aussi la découvrir à pied. Entre deux rencontres, reprendre le sac, les chaussures de randonnée et quitter la voiture pendant quelques heures faisait partie du voyage. Une autre manière d’explorer le pays, plus silencieuse, avec l’appareil photo toujours à portée de main.

    Nous avons commencé par Piatra Craiului et les gorges de Zărnești, avant de découvrir les grands espaces des Bucegi et de monter jusqu’au sommet Omu, à 2 507 mètres. Quelques jours plus tard, la Transfăgărășan nous conduisait au lac Bâlea. De là, plusieurs sentiers permettent de prendre rapidement de la hauteur et de découvrir les lacs et les crêtes qui entourent cette route devenue emblématique de la Roumanie.

    La Transalpina nous a offert un autre décor. Nous avons laissé la route pour marcher vers le lac Gâlcescu, au milieu de paysages beaucoup plus ouverts. Une longue randonnée et cette sensation agréable de voir disparaître peu à peu les voitures et la route derrière nous.

    Le Retezat, puis marcher

    Mais c’est le parc national du Retezat qui m’aura le plus marqué. Une montagne plus sauvage, parsemée de lacs glaciaires, où nous sommes partis pour une longue journée jusqu’au Peleaga, à 2 509 mètres. À mesure que nous avancions, les paysages devenaient plus minéraux et le sentiment d’isolement plus présent. C’est exactement ce que j’aime retrouver lorsque je pars marcher.

    Sur l’ensemble du voyage, ces randonnées représentent 63,3 kilomètres et 4 198 mètres de dénivelé positif. Des chiffres qui permettent de mesurer un peu le chemin parcouru, mais qui racontent mal ce que je retiens de ces journées.

    Marcher reste pour moi une façon de ralentir. De regarder davantage. De quitter pendant quelques heures les routes, les villages et le rythme du voyage. La Roumanie m’aura ainsi offert deux formes d’immersion : celle des rencontres, des visages et des histoires que j’essayais de documenter, et celle des montagnes, où il ne restait parfois plus que le chemin devant nous.

    Un autre visage du pays. Et surtout, un sacré bol d’air.

    Randonnées, prendre de la hauteur
    Randonnées, prendre de la hauteur
    Randonnées, prendre de la hauteur

    Roumanie : cinq randonnées

    Du 28 août au 2 septembre 2026
    63,3kmparcourus à pied
    4 198mde dénivelé positif
    18h31minen marche
    distance dénivelé positif
    28 août
    Omu, massif des Bucegi
    5 h 14 en marche
    17,39 km
    +1 044 m
    2 507 msommet Omu
    29 août
    Piatra Craiului et gorges de Zărnești
    3 h 13 en marche
    13,60 km
    +670 m
    30 août
    Transfăgărășan
    1 h 40 en marche
    4,47 km
    +481 m
    2 042 mpoint haut
    31 août
    Lac Gâlcescu, Transalpina
    3 h 46 en marche
    14,20 km
    +906 m
    2 157 mpoint haut
    2 septembre
    Parc national du Retezat, Peleaga
    4 h 38 en marche
    13,60 km
    +1 097 m
    2 509 msommet Peleaga
    Les barres de distance et de dénivelé ont chacune leur propre échelle. Données enregistrées à la montre pendant les sorties.

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    Pour poursuivre le voyage

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